La vie du Club Taurin de Florensac
Samedi 17 Mai 2008
S'il est bien une notion qui demeure une science inexacte, c'est bien la génétique des toros de combat.
Nous longeons l'Aude depuis Vendres pour arriver dans la propriété des Margé.
Robert discute affaire avec Simon Casas, directeur des arènes de Nimes. Son fils Olivier prépare son cheval. Fanny, ma fille, fait signer des autographes au Maestro Mehdi SAVALLi, très sympathique MATADOR, torero arlésien.
Après une visite rapide au-dessus des corrales, nous prenons place dans une petite tribune qui surplombe la plazita, protégée par un azulejo de la Macarena, la plus renommée des très (ou trop) nombreuses "vierges sevillanas".
4 vachettes doivent être "tientées"
Un peu de vobulaire pour les non initiés.
La tienta ou tentadero (verbe tentar qui veut dire essayer)
Essayer ou mieux encore : examiner, car c'est en fait un examen de passage que subit la becerra (vachette de 2 ans), qui à l'issue de la tienta recevra ou non le privilège de devenir mère de TORO de COMBAT. C'est la mère qui forge l'essentiel du caractère (noblesse, bravoure) de l'animal.
4 vachettes attendent dans les corrales du toril.
Premier pépin pour le Ganadero (l'éleveur), une d'entre elles s'est cassée une corne, au raz de la tête. Elle pend et saigne... La bête ne sera pas tientée.
Les 3 autres vont passer successivement dans l'arêne pour être testée :
- à la pique : C'est Olivier, le "mayoral", fils de Robert qui va avoir le rôle du picador (piquero).
- au Capote (cape de travail) et à la Muleta, elle sera toréée par Mehdi.
Robert, prend place avec nous, muni de son carnet pour noter les résultats de l'évaluation des vachettes. Il nous demande de ne pas applaudir, d'éteindre les portables et d'être silencieux. Ma voisine de gauche n'en demandait pas tant pour admirer, peinarde, le bocadillo que Mehdi a dans la poche avant de son falzard !!!
La première entre en piste. Elle est noire tirant vers le gris. Le ventre est plus clair. Mehdi doit l'amener vers le burladero (petit muret servant de protection). Il n'est pas là pour briller mais pour placer (colocar) la vachette dans la meilleure positon, face au cavalier et son cheval. De là, le picador l'appelle. Il teste en fait la bravoure de l'animal. La vachette répond plusieurs fois de suite mais "ne met pas trop les reins", c'est-à-dire qu'elle ne s'engage pas à fond sur le cheval. Mehdi lui pègue quelques capotazos (chicuelinas en s'enroulant autour, veronicas ou medias...).
Il prend ensuite la muleta. Faena essentiellement à droite, compas abierto, puis quelques naturelles de respect. Robert demande à revoir la vachette au cheval. Aqueste cop, elle pète bien, en poussant pour de bon. Elle s'est améliorée au fil du combat. On dit qu'elle est allée mas.
La deuxième, jabonera, (blanche comme le savon), est une mansita perdida. Elle est fuyarde. Robert à vite vu qu'elle ne ferait pas l'affaire. Il demande à Medhi de "s'amuser avec".
La troisième noire a eu un comportement similaire à la première. Correcte sans plus au cheval, elle a par contre été d'une noblesse fabuleuse à la muleta. Volontairement, le torero lui à servi des passes, sans la laisser respirer (sans la remater, pour casser le rythme). Elle s'est engagée "comme un train" (c'est-à-dire sans donner des coups de tête à gauche ou à droite), les cornes au raz du sol, dans le leurre. Elle en a dans le moteur !!!
Mehdi fait étal de son répertoire, redondos de 360°, pendules, adornos(de dos), derechazos (main droite) très templés (il arrive à ralentir la cadence) et naturelles (main gauche) très profondes. Il termine par quelques statuaires (banderas). Il dégouline de sueur, est trempe comme une soupe avouant qu'elle était "un véritable toro" et qu'il fallait la respecter au risque de se faire rappeler à l'ordre.
Verdict :la décision sera prise en fin de saison en fonction des "stocks". Le père et le fils ne sont pas trop d'accord quand à la suite des évènements. Il semblerait que la 1 et 3 soient gardées pour donner plus tard des toritos qui seront comattus par de jeunes toreros en becerrada (corrida sans picador)
L'apéro servi dans la cour avec tapenade et anchoïade nous a ravis.
Le repas a été excellent, la chorale sans trop de canards avec un répertoire varié mais un petit bémol au chef d'orchestre, un peu trop moraliste, à mon goût, envers ceux qui discutaient à voix basse pendant le "concert".
Il semblerait que la prochaine fois, Michèle nous gratifie d'une revue de chant, un peu moins poétique mais plus rigolotte.
La cinquantaine de Badamoscas présents ce jour remercie Robert et sa famille pour son accueil. Mehdi toréée le 8 juin à Mauguio, nul doute que certains iront l'encourager. Nous avons eu ce jour là 3 nouveaux adhérents au club à qui nous souhaitons la bienvenue.
Nous sommes donc à ce jour 176 adhérents + 39 enfants
Hasta luego
Alain
Je remercie Micheline pour les films et les photos que je vais essayer de mettre en ligne avec les miennes